Ars Dogmatica

Pierre Legendre

Un objet digne d’acclamations… Soulever la Question liturgique en Occident

Accessus ad auctorem, aller vers un auteur, à la façon des glossateurs médiévaux, c’est énoncer d’abord dans quelle intention. Autant dire, abattre les cartes d’emblée. Pourquoi cette collection propose-t-elle une traduction des Laudes Regiae, livre éprouvant s’il en est pour les nerfs de nos contemporains ?

Les rites ont la résistance de l’acier travaillé. S’ils cassent, leur matériau subsiste : les mots, les gestes, les musiques, les objets médiateurs, tout cet assemblage de formes commémoratives doit retourner au creuset institutionnel pour se métamorphoser et de nouveau servir - servir la cause, toujours la même, du sujet authentifié à travers le service public des liturgies qui sont la signature des cultures.

Reprendre, de l’intérieur des structures dogmatiques, cette part de la manifestation humaine promise au statut de pur et simple déchet de l’histoire par la pensée occidentale technicisée, c’est l’intention qui préside à la présente publication. Il s’agit de saisir la logique, c’est-à-dire l’inexorable d’un impératif théâtral universel dont relève la fonction rituelle comme fonction de pouvoir, assumant de faire tenir ensemble les pièces et morceaux que nous appelons société.

La voie royale vers cette compréhension ne peut être que l’érudition, telle que je l’entends : une érudition « hard », non pas errante parmi les ruines du passé, mais soutenue par l’analyse de la structure. Il devient alors possible d’envisager les emboîtements de la Question liturgique en toute société : recueillir selon une méthode rigoureuse les rites envoyés à la casse et saisir, dans le cas de l’Occident, comment leur matériau a été transféré à la forge industrielle.

Nous voici à cent lieues de la prédication, délectable à l’intelligentsia d’aujourd’hui, autour du « vivre ensemble », cache-misère dans nos sociétés défaites et dont le trait de niaiserie échappe aux débats formatés sur la religion, la sortie de la religion, le postchristianisme, que sais-je encore… En revanche, loin d’un tel enlisement, les mises rituelles nous font entrer dans le jeu de l’aptitude tragique propre à l’animal parlant - un jeu donc auquel aucune culture ne peut se dérober. L’étude n’en est pas facile, car elle suppose à la fois d’examiner historiquement ce que Kantorowicz appelle « la vie intérieure des cérémonies » (chapitre final) et d’affronter le nœud de la Question liturgique, à savoir le fond, su et insu, de la relation d’identité à travers laquelle s’opère, dramatiquement c’est-à-dire théâtralement, l’entre-appartenance du sujet et de la société.

Ainsi se trouve énoncée clairement l’intention de cette édition française des Laudes Regiae. Et pour honorer la mémoire de Kantorowicz autant que pour souligner l’importance de son livre, j’inscris comme en exergue à cette Note marginale une formule extrême, d’une justesse infinie, de l’écrivain japonais Yukio Mishima, romancier-poète et vrai métaphysicien, où s’exprime l’essence du lien rituel pour l’individu : « conférer le sentiment radieux d’être semblable aux autres 1 ».  

Cet ouvrage, autour duquel on rôde plus qu’on ne le médite, est l’écrit le plus étonnant de Kantorowicz, bizarre aussi pour le conformisme désenchanté de notre époque, trop timoré pour imaginer la tradition des formes de la transe ici même en Occident.

Que le lecteur ne s’effraie pas. Avec son titre en latin médiéval et son érudition dure, ce livre ne s’adresse pas désormais en priorité aux spécialistes d’une séquence d’histoire engloutie. Lu ou relu avec une sensibilité sauvage - entendons, sans cet objectivisme hautain qui fait se perdre dans les sables l’entreprise ethnographique - , un tel livre a la valeur d’un script cinématographique qui se proposerait d’introduire le public au code mystérieux de quelque célébration exotique, en mettant en scène la plus légaliste et la plus ancienne cérémonie à l’occidentale, indéfiniment renouvelée : l’acclamation de l’Emblême vivant, c’est-à-dire (pour reprendre le terme juridique anglais) du « Ruler » - le Poseur-Mesureur de règles, en français le Souverain.

Mais que peut signifier de nos jours la référence à la souveraineté, associée à l’idée d’acclamations instituées ? De surcroît, que peut signifier le Moyen Âge, comme creuset de la Modernité industrielle, pour une opinion commune conditionnée par la doxa positiviste et gavée d’anecdotes culturelles récoltées sur tous les continents ? En somme, que peut apporter à un public blasé l’étude de Kantorowicz sur une mise en scène médiévale de l’Amour politique, laquelle n’est pas sans relever aussi de l’histoire de l’art ?

Par un prélèvement dans les couches profondes du Texte européen, nous abordons ce qui, pour l’intellect contemporain, semble devoir échapper à toute interrogation théorique : le rapport humain à l’objet fascinant - un objet digne d’acclamations. Débordant d’informations historiques sur elle-même, et cependant dépourvue de boussole pour s’orienter dans une affaire apparemment si peu intelligible, la civilisation d’Occident ne se voit pas telle qu’elle est, c’est­-à-dire modernisant sans cesse un certain régime liturgique où prennent place nos propres cultes quels qu’ils soient. Ainsi nos pratiques s’inscrivent-elles parmi les « Adorationes des peuples anciens et d’aujourd’hui » selon la formule avisée d’un traité de l’historien-archéologue hollandais Van Nidek au XVIIe siècle 2.

Cette notation est de nature à décourager les rabâchages colportés au nom du concept usé de « religion» - concept romano­-chrétien laïcisé, puis standardisé, censé saisir le plus opaque des cultures ; surtout, elle ouvre sur un questionnement qui à la longue imposera de lever nos censures les plus tenaces sur la Question liturgique précisément. Il s’agit d’aborder la culture europénne non pas à partir d’une comptabilité de type sociologique, mais sous un regard qui ne craint pas les mauvaises rencontres pour le rationalisme occidental, en premier lieu la rencontre de l’envoûtement - rencontre de la fascination incontrôlable, énigmatique et indéfiniment métamorphosée, indissociable de notre lien aux fondements du pouvoir.  

Faisons le point sur le statut académique et le destin de ce livre.

Au lecteur indépendant ou non averti, étranger à l’analyse des tendances lourdes de l’historiographie médiévale comme aux rumeurs ou propos de concierge émaillant les règlements de comptes politico-universitaires (je songe au jugement de Norman Cantor traitant Kantorowicz et Schramm de « jumeaux nazis ») 3, il faut indiquer que les Laudes Regiae (à traduire par : litanies, louanges royales) font partie d’une œuvre longtemps abordée en France avec des pincettes, mais désormais largement discutée. Cahin-caha d’obscures résistances ont été surmontées, ce dont témoigne une bio-bibliographie intitulée « Histoires d’un historien, Kantorowicz » 4, fort utile aux hésitants. De même convient-il de signaler la nouvelle liberté de ton provoquée par la traduction des Deux Corps du Roi, véritable amorce du dégel 5.

Cependant, force est de constater que l’ouvrage sur les « Laudes » n’a pas été sérieusement pris en compte, qu’il est loin d’avoir reçu la même attention que Frédéric II et Les Deux Corps. Manifestement, l’opinion savante traîne les pieds, sur un terrain mal balisé et peut-être considéré comme dangereux. Et cette remarque ne vaut pas seulement pour la France.

Dans le cadre français, il est des raisons particulières qui au moins partiellement l’expliquent, tenant à la persistance du réflexe national dans la recherche. Il a toujours été difficile ici – vieux contentieux amorcé au XIIIe siècle, plus tard orchestré avec emphase depuis les juristes de l’Humanisme jusqu’aux historiens politologues d’aujourd’hui – d’intégrer la dimension de la romanité unie au christianisme, concrètement le jeu du droit impérial romain et de son maniement conceptuel par la théocratie pontificale dans l’élaboration de cet universel mythique chez les médiévaux en quête d’un savoir politique immortel : l’idée d’une fonction souveraine à la fois marquée par sa double origine (romano-canonique) et objet de soutiens liturgiques adéquats. De ce creuset de l’État moderne, les Français sont séparés (pour reprendre un vocabulaire militant) par « le gouffre de la Révolution ». Cette mythologie au carré, je la tiens pour une hypothèque.

Le centralisme intellectuel n’étant pas un vain mot en France, s’intéresser à Kantorowicz dans la décennie 1950 n’était guère pensable, sauf pour de jeunes chercheurs en maraude, historiens débutants du droit médiéval éparpillés sur le vieux continent et que guidaient des figures tutélaires qui furent aussi des intermédiaires avec l’Amérique, comme Stephan Kuttner et Gaines Post. Je mesurais alors l’insolite des Laudes Regiae, voire d’autres travaux de la même veine (dont la thèse de Robert Folz sur le culte de Charlemagne, vite oubliée du milieu parisien), quand les vents déjà soufflaient du côté du socio-économisme porté par l’entreprise Braudel et que les futurs esprits libres façon Furet (soudain enthousiasmé par Kantorowicz au tournant des années 80, mouche du coche des traductions !) 6 faisaient leurs classes sous la bannière stalinienne. Nous n’étions pas de ce monde-là, imperméable à l’étude de la théologie politique et des sources légendaires de l’État, et comme il se devait, fermé à la conversation.

Les conséquences néfastes de ce bornage entre domaines historiographiques sont pesantes, malgré la relative liberté dont font preuve de plus jeunes chercheurs pour desserrer l’étau des sciences dites sociales. La difficulté subsiste, dans une société qui se croit laïque et messagère des Lumières universelles, d’aborder froidement la notion de culte du pouvoir et plus généralement l’institution cérémonielle. Tout cela ne favorise pas d’accueillir une étude telle que les Laudes Regiae, tâtonnante, accrochée à des sources éparses et souvent manuscrites, et, disgrâce suprême, branchée sur le normatif sauvage, sur cette dimension rituelle des sociétés humaines devenue si détestable à la Raison ultramoderne. 

N’y a-t- il pas un malaise autour de ce livre discrètement enterré quelque chose d’obscur qui ressemble à la peur de penser, ennemie des rapprochements inattendus : vers quelle indésirable découverte risque de nous entraîner une réflexion contemporaine sur la pratique disparue des Laudes Regiae ? Kantorowicz a déjà montré comment une boucle apparemment s’est bouclée, laissant en suspens la suite éventuelle. Sans pour autant prétendre en clôturer l’histoire - une histoire qui littéralement se poursuit au versant des liturgies pontificales (comme peut le repérer le cinéma documentaire) 7 -, son chapitre final expose le destin des Laudes et de la triade « Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat » au XXe siècle : une utilisation de la tradition au bénéfice de l’idéologie national-socialiste, le renouveau du rite des acclamations dans des pays sous régime totalitaire.

Mais, la dévotion fasciste - avatar de l’évolution décrite en cet ouvrage - n’épuise pas ce dont il s’agit et ne peut être l’argument qui dissuaderait d’interroger l’inappétance de la recherche, historienne autant que théoricienne, confrontée aux pratiques liturgiques en tant que phénomène structuralement lié au principe même du politique. Ou alors il faudrait admettre que les fascismes et autres formes d’absolutisme de l’ère industrielle, en confisquant les procédures rituelles de l’allégeance, auraient réussi à éteindre une fois pour toutes la Question liturgique. S’il en était ainsi, les totalitarismes auraient été les précurseurs d’une autre sorte de confiscation, libérale celle-là, visant le fondement sauvage du politique, désormais dominé par le marketing et récupéré par les célébrations publicitaires, l’industrialisation des emblèmes, les litanies des marques - vaste système d’invocations au service des nouveaux pouvoirs disséminés. Est-ce donc cela que, dans un refus inexprimable, nous ne voulons pas savoir en nous abstenant d’affronter la structurarion dogmatique des sociétés, de toutes les sociétés, soumises à l’emprise de l’institution cérémonielle ? 

Méditons le parcours qui donne la clé du livre présenté au lecteur français. Comme les œuvres appelées à demeurer, pour avoir touché aux confins de la chose humaine - en l’occurrence circonscrire la corporalité institutionnelle, matière de haute teneur anthropologique (incluant la problématique des acclamations) -, celle de Kantorowicz a été une traversée, dont il est possible, après coup, d’apercevoir le ressort logique. On notera que les Laudes Regiae (écrites entre 1934 et 1940, publiées en 1946) occupent la place médiane entre les deux autres ouvrages majeurs : Frédéric II a paru en 1927, Les deux Corps du Roi en 1957.

Place médiane signifie ici passage obligé, transition nécessaire, en ce sens que après s’être saisi de thèmes à caractère mythologique («Le Propriétaire du monde», «l’Antéchrist»… ) dans la reconstitution d’une épopée politique - histoire du pouvoir impérial allemand incarné par le théocrate Frédéric -, l’auteur découvre une problématisation décisive de la fonction souveraine, entendue dès lors comme fonction ayant affaire, pour exister, à une dramatisation du pouvoir. En fait, à travers l’étude des laudes, il s’agissait de considérer ce théâtre politique pour lui-même et d’y entrer par la bonne porte. C’était implicitement soulever la Question liturgique, c’est-à-dire ouvrir le sillon du service public des cérémonies dans cet univers médiéval (si j’ose dire, soupe primitive de notre Modernité) d’où va émerger l’objet politique par excellence fabriqué par l’Occident, un objet digne d’acclamations, soit en termes de structure dogmatique, l’État totémique, la figure instituée du « Ruler », le Poseur-Mesureur de règles.

Ouvrir ce sillon portait à conséquence : prendre en compte de plus en plus largement la dimension normative, autant dire juridique selon la conception occidentale des montages de l’instance souveraine. En raison de ceci. Les rituels ne fonctionnent pas anecdotiquement, prolongeant des représentations mythologiques ou théologiques qui seraient le folklore d’appoint du politique ; ils s’inscrivent dans le discours de légitimation du pouvoir : ils sont de ce discours la part charnelle en quelque sorte, mobilisant des corps d’acteurs, une esthétique et des formes rhétoriques. Et qui donc est le metteur en scène, si ce n’est le savoir de ces liturgistes - propagandistes et juristes - portés par la Romanité impériale et pontificale, artisans d’un système normatif dont la complexité est encore à peine entrevue  8, système en voie d’atteindre son classicisme à l’époque privilégiée « par l’auteur de Frédéric II ? La précision juridique des articles qui suivirent les Laudes Regiae atteste l’assiduité de Kantorowicz à fréquenter la littérature des glossateurs des deux droits (romain et canonique).

Ce point n’est pas secondaire, mais il donne à penser. Poussé de la matière politique-liturgique vers les sources juridiques par la logique de son parcours, Kantorowicz n’avait pas souci de s’expliquer sur ce lien. Si notre regard se porte sur les travaux qui, pour la période moderne, tentent de jeter un pont entre la ritualité et son versant juridique, ainsi en sondant « la science du cérémonial » devenue genre spécialisé au XVIIIe siècle 9, nous ne sommes pas plus avancés… Sauf à considérer que la Question liturgique ne peut être formulée ni étudiée dans toute son ampleur pour une raison de fond, caractérisant l’Occident romano-christianisé.

L’historiographie n’a pas pris acte d’un fait culturel d’une immense portée : la coupure, explicitement établie et théorisée dès la fin du XIIIe siècle, entre la théologie (à laquelle le XVIIIe siècle substituera, selon le nouveau vocabulaire, l’idéologie) et le droit. Cette dissociation à l’intérieur du monothéisme (insolite par rapport au Judaïsme et à l’Islam) devait jouer un rôle déterminant dans la flexibilité du régime dogmatique européen et sa plasticité institutionnelle, voire sa technocratisation. La conséquence de cette désintrication des deux plans du discours nous est rétrospectivement saisissable : la Question liturgique est devenue potentiellement errante, flottante, sans attaches. Autrement dit, le cérémoniel est appelé à perdre son fondement ; au fil de l’évolution moderne, il sera disponible, arbitraire et, au point actuel de ce cycle, commercialisable.

Si l’on ne remonte pas de notre présent vers l’inactuel, vers le nouage médiéval du liturgique avec le théologique et le juridique, la métamorphose des acclamations, ce rite typique de la culture occidentale ne nous est pas compréhensible. Le rite cassé, son matériau subsiste et retourne à la forge institutionnelle. De l’histoire des Laudes Regiae, j’ai retiré cette grande leçon.

Je remercie le savant traducteur de ce livre, traducteur de ces deux études en une, puisque Kantorowicz avait bénéficé de la collaboration de son collègue Bukofzer, rédacteur de la partie musicologique.

Historien de la tradition romano-canonique, juriste autant versé dans la Modernité, Alain Wijffels connaît la manœuvre sur le terrain de la dogmaticité. Il s’est attelé à la tâche d’une traduction aussi fidèle que possible, rendue difficile par les notions ou allusions techniques qui fourmillent dans un ouvrage sur les formes liturgiques. Nos échanges et nos discussions (notamment sur certaines tournures de l’auteur ou citations latines) ont abouti au texte ici présenté, sans doute encore perfectible.

Ce livre est publié tel qu’il fut mis en circulation par Kantorowicz, avec sa bibliographie conservée en l’état, donc sans notes complémentaires qui auraient encombré le lecteur. De même avons-nous renoncé à reproduire l’index des manuscrits et l’index général, établis avec minutie par Kantorowicz à l’intention des chercheurs spécialisés ; ceux-ci auront recours à l’édition anglaise.

Un point doit être souligné : la présentation intégrale des litanies, ici traduites en français. Nous avons préservé cette mise en scène de la répétition des invocations, seule façon de rendre sensible le charnel de cette ritualité désormais étrangère aux Occidentaux, qu’ils soient croyants ou chercheurs ethnographes, tous unis dans une même position rationaliste. Mais nul avant Alain Wijffels, à qui j’ai emprunté sa remarque, n’avait noté que, dans la culture européenne, les litanies sont un équivalent de la transe.

 

1. Dans un récit méditatif qui vaut les meilleurs traité sur le langage - un testament spirituel : Le Soleil et l’Acier -, Mishima évoque un rituel où des jeunes gens forment une équipe de porteurs de châsse. 

2. Publié en 1713 à Amsterdam : De Populorum veterum ac recentiorum Adorationibus dissertatio.

3. Percy Schramm, historien très reconnu, mais aussi éditeur (1965) de « Propos de table d’Hitler », recueillis par Henry Picker en 1941-42. Sur Cantor, etc., voir la mise au point de D. Abulafia,« Kantorowicz, Frederic II and England », lors d’un colloque publié dans Frankfurter Historische Abhandlungen, tome 39, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 1997, p.124-143.  

4. Postface d’Alain Boureau à l’édition Gallimard des deux ouvrages traduits de Kantorowicz, série « Quarto », 2000, p.1223-1312.

5. Témoin de cette liberté de ton, les réflexions du traducteur, Jean-Philippe Genet, « Kantorowicz and The King’s Two Bodies : A non-contextual History », dans le recueil d’études cité note 3, p. 265-273.

6. Dans l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur du 28.9.1984, François Furet se lance dans une harangue curieusement haineuse à mon égard, après ma publication du recueil d’articles de Kantorowicz (Mourir pour la patrie, et autres textes, PUF). Cf. une vision d’ensemble de la doxa parisienne par Peter Schöttler, «Ernst Kantorowicz in Frankreich », in Frankfurter Historische Abhandlungen citées note 3, p.144-161.

7. Dans le documentaire de Gérald Caillat, inspiré de mes travaux, La Fabrique de l’Homme occidental (1996), la séquence d’une Audience générale de Jean-Paul II montre une nouvelle mouture des acclamations pontificales : le “Viva il Papa” est répété trois fois, orchestré par le maître des cérémonies en des relances successives. 

8. Isolée des progrès de l’érudition internationale sur ce terrain après la dernière guerre, l’histoire générale du Moyen Âge en France n’a pas intégré cette dimension, pour des raisons enracinées dans la coupure introduite par les Humanistes de la Renaissance et plus tard renouvelées par le laïcisme (hostile à l’évocation de la théologie politique comme des sources romano-canoniques).

9. Cf. l’étude de Milos Vec, Zeremonialwissenschaft im Fürstenstaat. Studien zur juristischen und politischen Theorie absolutistischer Herrschaftsrepräsentation, Francfort, Vittorio Klostermann, 1998. 

Emblème

Solennel, l’oiseau magique préside à nos écrits.
Le paon étale ses plumes qui font miroir à son ombre.
Mais c’est de l’homme qu’il s’agit :
il porte son image, et il ne le sait pas.

Sous le mot Analecta,
j’offre des miettes qu’il m’est fort utile
de rassembler afin de préciser
sur quelques points ma réflexion.

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