Ars Dogmatica

Pierre Legendre

Vues éparses

Une exemple de ma grammaire latine disait : “Superbus se laudat”, l’orgueilleux se vante. J’ai suivi cette mise en garde, qui m’interdit de rédiger, au verso d’un ouvrage, une apologie de soi à la troisième personne, manie contemporaine que je déplore. Ce recueil de propos radiophoniques à bâtons rompus m’impose une franchise redoublée. 

Lecteurs, c’est une baderne qui vous parle. Selon les dictionnaires, “baderne” se dit d’un homme âgé et borné. Agé je suis; borné, je le suis tout autant, car je connais mes limites. Ce mot caduc m’a plu après qu’un sénateur, progressiste à n’en pas douter, l’a réhabilité pour saluer, sur le ton de la haine, la disparition de Soljenitsyne. Je conclus : n’est pas baderne qui veut, mais en paie le prix. Et je m’affiche solidaire de tous ceux que la suffisance et le dépit des démagogues clouent au pilori et, si l’ordre politique à nouveau s’y prêtait, interdiraient d’écriture et de parole.

Ces conversations tournent autour de savoirs familiers, de mes fréquentations, intellectuelles ou autres, mais aussi de quelques interrogations sur le monde comme il va. À l’occasion, il est question des grandes affaires humaines, enfermées dans notre vocabulaire d’Occidentaux : la Religion, l’État, le Management, le Sujet. Mon interlocuteur, Philippe Petit, a veillé avec élégance au suivi des thèmes successifs, en m’évitant de battre la campagne inconsidérément. Au final, une chanson-poème de Guy Béart marque le terme de nos échanges. 

P.L.

Emblème

Solennel, l’oiseau magique préside à nos écrits.
Le paon étale ses plumes qui font miroir à son ombre.
Mais c’est de l’homme qu’il s’agit :
il porte son image, et il ne le sait pas.

Sous le mot Analecta,
j’offre des miettes qu’il m’est fort utile
de rassembler afin de préciser
sur quelques points ma réflexion.