Ars Dogmatica

Pierre Legendre

Trésor historique de l’État en France

Comment réouvrir la question de l’État en France aujourd’hui, de façon non approximative ? Par un premier pas : vers une réflexion sur les matériaux de la répétition historique.

L’avenir de l’État, en tant que forme d’organisation historiquement repérable, inventée dans le contexte bien précis des traditions ouest-européennes et maintenant contesté de facto par les pratiques de Management, est-il assuré ? Que la planète soit ceinturée d’États ou que d’antiques nationalités s’arrachant aux Empires du XXe siècle en appellent à la forme étatique, cela ne prouve en rien que la notion d’État puisse à la longue tenir le coup et n’en vienne à se dissoudre de l’intérieur, laissant la place à autre chose. 

Aussi convient-il d’interroger le corpus institué des pratiques de pouvoir, les Administrations. De là, cette édition, nouvelle et augmentée, d’un modeste ouvrage sur la France ; dans le titre, le terme classique désigne la tradition qui nous enserre : 1750 - 1950.

Les soutes de chaque État sont l’Administration ; les soutes de la science de l’État, le magasin juridique. Ainsi calée, selon ses techniques propres et par des ficelles culturelles, la société française peut naviguer ; ainsi embarqués, selon leur style de croyance au pouvoir, les Français jouent leur partie. 

Quels seront les effets de l’Europe annoncée sur la France et sa Bureaucratie patriote, sur ce nationalisme passionné d’État administratif, sur cette Administration que les citoyens ont dans la tête : un montage antifédéral ? Si la départementalisation est bien une machine de guerre centraliste, voulue comme telle par les Constituants de 1789-1790, la question ne manquera pas de se poser : comment investir politiquement la région ? Dans ces conditions, nous verrions du nouveau, car la Révolution du XVIIIe siècle serait finie, vraiment finie.

P.L.  

Représentation exacte de la salle de Bourbon au Louvre, où se tint l’Assemblée des États-Généraux de 1614

Emblème

Solennel, l’oiseau magique préside à nos écrits.
Le paon étale ses plumes qui font miroir à son ombre.
Mais c’est de l’homme qu’il s’agit :
il porte son image, et il ne le sait pas.

Sous le mot Analecta,
j’offre des miettes qu’il m’est fort utile
de rassembler afin de préciser
sur quelques points ma réflexion.